LE MARCHE AUTOMOBILE EUROPEEN REDOUTE UN EFFONDREMENT EN MARS

LE MARCHE AUTOMOBILE EUROPEEN REDOUTE UN EFFONDREMENT EN MARS

Après un retrait de 7,4 % en février, l’effet coronavirus devrait jouer à plein en mars et peser sur les ventes qui, dans les mêmes circonstances, ont fait chuter la Chine de 80 %.

Le Point Auto avec AFPPublié le 18/03/2020 à 12:42 | Le Point.fr 

En d’autres temps, ce serait un drame, cette fois, ce n’est qu’un épiphénomène. Le marché automobile européen a chuté de 7,4 % en février, pénalisé par des changements de réglementation, et les constructeurs français ont plus souffert que leurs concurrents étrangers. Mais cela, c’était avant même l’impact redouté du coronavirus et du confinement des populations dont les effets s’annoncent violents. La Plateforme automobile, présidée par l’ancien ministre Luc Chatel s’en est déjà alarmée, réclamant des mesures pour la sortie de crise, mais l’enjeu dépasse largement nos frontières.

Au-delà en effet, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea) a constaté « un affaiblissement de la conjoncture économique mondiale », avant même l’impact des mesures de confinement prises en Europe ces derniers jours pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Les grands marchés européens (Allemagne, France, Italie, Espagne) sont désormais paralysés et les principaux sites de fabrication sont à l’arrêt ou en passe de l’être pour une période indéterminée. Une dégringolade encore plus brutale s’annonce à partir du mois de mars. Dans des circonstances similaires, le marché chinois avait chuté de près de 80 % en février.

Après six années consécutives de croissance, l’Acea, qui tablait jusqu’ici sur un recul des immatriculations européennes de 2 % en 2020, devra donc revoir ses prévisions.

« L’amplification de l’épidémie (…) va peser très lourdement sur la production et le marché automobile », a averti mardi la Plateforme automobile (PFA) qui regroupe les principales entreprises du secteur en France, appelant à « anticiper dès maintenant, un plan de relance pour la sortie de crise ».

Les nouveautés et les voitures électrifiées en tête

À fin février, les positions respectives des constructeurs s’étaient figées sur le renforcement en première position du groupe Volkswagen (- 5,3 %), avec une part de marché de 25,1 % (+ 0,6 point). Il bénéficie du succès des nouveaux modèles de SUV de sa filiale espagnole Seat (+ 9,2 %).

Du côté français, PSA souffre de la chute de sa marque Opel (- 23 %), plombée par l’arrêt de la commercialisation de plusieurs modèles pour renforcer sa rentabilité. Une gamme renouvelée, construite à partir de plateformes partagées avec PSA, devrait arriver dans les prochains mois.

Ses marques Peugeot (- 4,8 %) et Citroën (- 4,9 %) ont mieux résisté aux vents contraires. Dans des volumes bien moins significatifs, le tout jeune label DS, qui tente de se faire une place dans le haut de gamme, s’est envolé de 103,8 %, grâce à ses récents SUV DS3 Crossback et DS7 Crossback. Au total, le groupe se maintient au deuxième rang européen, avec une part de marché de 17,6 % (- 0,3 point).

Malgré sa forte baisse, Renault complète toujours le podium, en s’assurant 10,5 % du marché (- 0,8 point). Les livraisons de la marque au losange ont reculé de 6,9 % tandis que celles de sa filiale à bas coûts Dacia ont plongé (- 27,3 %).

Derrière ce trio, trois constructeurs ont particulièrement tiré leur épingle du jeu. Le coréen Hyundai (avec Kia) a progressé de 1,1 %. Le groupe BMW (avec Mini) a fait encore mieux (+ 3,1 %). Mais c’est Toyota (avec Lexus) qui a le plus brillé (+ 11,5 %), profitant comme les mois précédents d’un engouement pour ses motorisations hybrides (essence-électrique).

À l’inverse, l’italo-américain Fiat Chrysler (avec Jeep, Lancia, Alfa Romeo) a reculé de 7 %, l’allemand Daimler (Mercedes, Smart) a chuté de 12,7 % et les immatriculations de l’américain Ford ont dégringolé de 19,8 % alors que le nouveau et prometteur SUV Puma arrive en concessions.

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